Lutte contre le Sida au Togo : des avancées il y a eu mais l’ « effort de guerre » doit se poursuivre
Le Togo a célébré ce 1er décembre la Journée mondiale de lutte contre le Sida, une journée instituée lors du sommet des ministres de la santé en 1988 pour commémorer les victimes de SIDA, sensibiliser le public à la pandémie du VIH et faire progresser la prévention, le traitement et les soins.
Et pourtant, la lutte contre le Sida se voit essoufflée aujourd’hui partout dans le monde du fait de sa « dépriorisation » par beaucoup d’ Etat alors que le Sida n’ est pas terminé et que la « guerre » doit se poursuivre en vue de son éradication totale.
Pour ONU-Sida qui ne veut pas que les acquis des 20 dernières années de la lutte contre le VIH passent inutilement par perte et profit, il est temps que tous les pays opèrent des changements radicaux dans la programmation et le financement de la lutte contre le VIH, d’ autant que la riposte mondiale à la maladie ne peut pas reposer uniquement sur les ressources nationales.
« La communauté internationale doit s’unir pour combler le déficit de financement, aider les pays à combler les lacunes restantes dans les services de prévention et de traitement du VIH, supprimer les barrières juridiques et sociales, donner aux communautés les moyens de montrer la voie », préconise l’ institution onusienne en lutte contre le SIDA.
Selon Pr Vincent Palokinam Pitchè, Coordonnateur national du secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST), la question de financement est le défi majeur qui se propose à tous les pays à court et moyen terme. « Comment pérenniser à moyen terme les résultats importants acquis et ne pas faire un bond en arrière surtout dans le domaine de la prévention ? C’est la question qui taraude actuellement tous les acteurs de mise en œuvre de la réponse au Sida », évoque t-il.
Aux dires du Pr Pitchè, la célébration de la journée mondiale de lutte contre le Sida cette année est une opportunité pour sensibiliser et remobiliser toutes les parties prenantes. « En effet, les résultats obtenus au Togo montrent que nous sommes sur la bonne voie, nous avons de nombreux et atouts à préserver, à pérenniser mais nous avons aussi des faiblesses à renforcer et des défis à relever dans la marche de notre pays vers l’ atteinte de l’ objectif durable 3 », assure t-il.
Rappelons qu’au Togo, la prévalence qui était 3,8% en 1999 est tombée à 1,7% en 2024. De même, entre 2010 et 2024, les nouvelles infections ont baissé de 60% et le nombre de décès liés au Sida a diminué de 65%. On peut noter également qu’à la fin de 2024, 9200 personnes vivant avec le VIH étaient sous traitement antirétroviral (soit 9 personnes sur 10) et 88% des femmes enceintes séropositives ont été dépistées et mises sous traitement pour réduire l’infection à leur enfant à la naissance.
La Rédaction

