Energie nucléaire : cinq pays africains mettent en place à Lomé les règles de conduite réglementaire en matière de sûreté et de sécurité nucléaires
Lomé, la capitale togolaise abrite du 19 au 23 octobre 2026 un Atelier régional sur l’ élaboration d’une feuille de route pour la mise en place d’une architecture de détection en matière de sécurité nucléaire concernant les matières nucléaires et autres matières radioactives non soumises à un contrôle réglementaire.
Organisée par l’Autorité Nationale de Sûreté et de Sécurité Nucléaires (ANSSN) sous l’ égide de l’ Agence Internationale de l’ Energie Atomique (AIEA), cette rencontre qui regroupe une trentaine de participants issus de 5 pays de l’ Afrique Francophone, à savoir Bénin, Burundi, Congo, Îles Comores et Togo vise à faire une revue des mécanismes nationaux de gestion des évènements de sécurité nucléaire, notamment la stratégie, la politique, le cadre juridique et réglementaire, les capacités des infrastructures opérationnelles, les rôles et responsabilités des acteurs et la durabilité des ressources humaines en se référant aux normes et standards de l’ AIEA en matière de sécurité nucléaire.
Selon les autorités togolaises, il s’agit de concevoir des lignes de conduite à mettre en œuvre pour empêcher les actes malveillants impliquant les matières nucléaires et autres matières radioactives hors du contrôle réglementaire, détecter précocement et intervenir efficacement en cas d’ évènement de sécurité nucléaire. En effet, eu égard à la démocratisation des applications pacifiques des sciences nucléaires qui englobent le domaine de la santé ( imagerie médicale, radiothérapie,etc.) ; celui de l’ énergie (production d’ électricité à partir des petits réacteurs modulaires et des centrales nucléaires qui produisent une électricité bas carbone, fiable et stable) ou aussi celui de l’ agriculture qui offre aujourd’hui la possibilité d’ améliorer les rendements agricoles et de lutter efficacement contre les parasites, il importe de protéger ces atouts technologiques qui ne sont pas à l’ abri du trafic illicite ou du terrorisme nucléaire.
« De toutes ces applications résulte le profil national du risque radiologique qui nécessite non seulement d’ être encadré par des textes, mais aussi l’ obligation de disposer des ressources humaines capables de les mettre en œuvre ainsi que des infrastructures opérationnelles », explique Alassani Fousseni, directeur de cabinet du ministère chargé de l’ Energie et des Ressources minières
Le Togo à la pointe de la question de l’ utilisation conséquente en Afrique de l’ énergie atomique à des fins civiles
Membre du Conseil des gouverneurs de l’ AIEA pour la période 2025-2027, le Togo qui adhère depuis 2012 l’ Agence bénéficie depuis lors de l’ appui technique et financier de cette dernière à travers des programmes de renforcement des ressources humaines ou d’ acquisition d’ équipements.

Etat parti du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires (CPPMN), au Règlement sanitaire international (OMS 2005) et à l’ Accord de garanties et le Protocole additionnel du Traité de non-prolifération, le pays a adhéré à l’ Initiative des Centres Excellence NRBC de l’ UE et autorisé l’ adhésion aux conventions clés de l’ AIEA telles que : la Convention sur la notification rapide en cas d’ accident nucléaire ou d’ incident radiologique ; la Convention sur l’ assistance en cas d’ accident nucléaire ou de situation d’ urgence radiologique ; la Convention sur la sûreté nucléaire ; la Convention commune sur la gestion des déchets et combustible usés ; le processus de l’ autorisation d’ adhésion à la Convention à l’ Amendement de la CPPMN ainsi qu’à d’ autres conventions clés en cours.
A l’ instar des quatre autres participants à l’ Atelier de Lomé, le Togo met progressivement en place son architecture de sûreté et de sécurité nucléaire en se focalisant sur les normes de sûreté et de sécurité de l’ AIEA tels que les fondamentaux, les exigences et les guides.
La Rédaction

