Togo : guerre ouverte contre le commerce des boissons frelatées dans la région des Savanes

Togo : guerre ouverte contre le commerce des boissons frelatées dans la région des Savanes

Depuis sa prise de fonction en décembre dernier à la tête de la région des Savanes ( extrême nord du Togo), le gouverneur Atcha-Dedji Affoh ne ménage aucun effort pour décourager le commerce juteux des boissons alcooliques frelatées. Ainsi, après la destruction de sachets de whisky frelatés et autres produits psychotropes au premier trimestre 2025, le gouverneur a ordonné samedi dernier la destruction de 188 bidons de 25 litres, 45 bidons de 250 litres ainsi que plusieurs fûts remplis d’ alcool frelaté interceptés lors d’opérations de contrôle inopinées menées dans des marchés, boutiques et points de vente informels.

Visiblement, ces mesures, en sus des campagnes de sensibilisation visent à mettre fin aux sources d’ approvisionnement des consommateurs de ces poisons afin d’ en minimiser à terme le nombre à défaut d’enrayer définitivement le mal. Ces efforts d’ endiguer la consommation excessive d’ alcool frelaté parmi les jeunes s’ explique par le contexte sécuritaire particulier de la région des Savanes qui plane jusqu’ici, faut-il le rappeler sous la menace terroriste. « Dès lors, on comprend que l’ Etat ne voudrait pas disposer d’ une jeunesse détruite par les effets de l’ alcool frelaté, mais plutôt de jeunes en bonne santé, conscients des enjeux en lice pour mieux faire face aux défis de l’ heure », explique Daniel Kombaté, membre de la société civile qui salue tout de même cette levée de boucliers du gouverneur Atcha-Dedji contre les excès de l’ alcool frelaté dans l’ extrême nord du pays.

Souhaitant la poursuite d’une telle initiative dans les autres régions du Togo, une source qui a requi l’ anonymat indique que cette situation prévaut dans les hameaux les plus reculés, aussi bien dans le nord comme dans le sud du pays du fait de certains commerçants véreux du milieu et des béninois communément appelés « Dadjin », « qui fabriquent ou achètent ces poisons pour en revendre à nos frères. Ce qui n’ est pas bon pour la santé », dénonce t-il.

Un poison lent qui n’a rien à voir avec l’ alcool du terroir Sodabi tiré du palmier

Fabriquée à partir de l’ alcool éthylique importé, la boisson alcoolisée frelatée en question dénommée à tort Sodabi n’ a rien à voir avec le produit du terroir tiré originellement du vin de palme. En effet, initialement destiné aux pharmacies et aux hôpitaux, donc à un usage médical, l’ alcool éthylique est tout simplement mélangé à de l’ eau et revendu comme boisson alcoolisée. Ce qui représente un réel danger pour la santé publique. D’ où l’insistance des premières autorités de la région des Savanes de s’ en débarrasser pour le mieux-être des populations.

La Rédaction

Innovafrica

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