Nouvel an africain, l’ appel de Lomé à une réappropriation calendaire endogène
Si la vision d’un peuple repose avant tout sur les valeurs authentiques qu’ il incarne, quoi de mieux que de tabler sur ses propres ressources pour avancer ?
On n’ est jamais mieux servi que par soi-même, dit-on. Dans cet ordre d’ idée, l’ appel de la diplomatie togolaise à une réhabilitation du système historique africain de découpage du temps en redonnant une place centrale aux cycles culturels et spirituels propre aux sociétés africaines n’ est ni moins une invite à un repli identitaire de l’ Afrique, ni une prise de position contre les valeurs calendaires grégoriens, ni non plus une « action » contre l’ hégémonie culturelle occidentale imposée de force faut-il le rappeler aux lendemains de la conférence de Berlin qui a consacré le dépeçage de l’ Afrique.
En vérité, il s’agit pour l’ Afrique de se réapproprier son histoire en « officialisant » son système calendaire structuré autour de repères cosmogoniques, agricoles et spirituels.
Comme le souligne si bien le chef de la diplomatie togolaise, Pr Robert Dussey, historiquement, l’ Afrique dispose de traditions vivantes en la matière : telles, la prise de la pierre sacrée en pays Guin au Togo, la fête berbère de Yennayer en Afrique du nord ou encore certaines célébrations saisonnières en Afrique australe et orientale.
Tout de même, le Togo qui préside actuellement le Haut comité sur la Décennie des racines africaines et de la diaspora africaine annonce la tenue prochaine d’ un colloque international consacré à la question. Selon Pr Dussey, ses conclusions devraient être transmises à la Commission de l’ Union africaine en vue d’une éventuelle adoption et mise en œuvre à l’ échelle continentale.
Pour rappel, cette initiative togolaise s’ inscrit dans la droite ligne des recommandations du 9 ème Congrès panafricain de Lomé tenu en décembre dernier et qui disposent que les africains se réapproprient leurs valeurs culturelles occultées du fait de la colonisation occidentale.
La Rédaction

