OHADA : trouver des solutions de financement innovantes pour moins dépendre de l’ extérieur

OHADA : trouver des solutions de financement innovantes pour moins dépendre de l’ extérieur

Lomé a accueilli ce 8 mai 2026 une réunion des ministres des finances des pays membres de l’ Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Objectif de cette rencontre de haut niveau : trouver des solutions innovantes qui permettront à l’ institution de moins dépendre financièrement de l’ extérieur.

Depuis sa création, l’ OHADA s’ est imposée comme un pilier fondamental de la sécurité juridique et de l’ attractivité économique des Etats membres. En ce sens, elle a permis d’ instaurer un cadre harmonisé, lisible et rassurant pour les investisseurs, contribuant ainsi à renforcer la confiance et à stimuler les échanges. Tout de même, force est de constater que cette œuvre remarquable se trouve aujourd’hui fragilisée par une crise financière persistante dû aux contraintes budgétaires auxquelles les Etats sont confrontés qui découlent surtout des incertitudes sécuritaires et économiques mondiales de l’ heure, des séquelles des crises récentes, des impératifs de transition énergétique et numérique, ainsi que des besoins sociaux de plus en plus croissants. Ces contingences ont rendues les contributions des Etats membres irrégulières ; ce qui a amené l’ organisation pour assurer son fonctionnement et la mise en œuvre de son cahier de charge à dépendre de manière significative des partenaires techniques et financiers.

Selon Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget du Togo, si ce soutien est précieux, il n’en demeure pas moins qu’une telle dépendance fragilise la souveraineté stratégique de l’ OHADA qui ne peut durablement reposer sur des ressources extérieures incertaines. « La session spéciale de ce jour doit être celle du courage, de la lucidité et de l’ innovation. Elle doit marquer un tournant décisif vers la construction d’une véritable souveraineté économique et financière de notre organisation commune », a-t-il déclaré tout en assurant qu’il ne s’agit pas d’alourdir davantage les charges présentes sur le budget des Etats, mais d’ explorer avec pragmatisme et créativité des mécanismes alternatifs de financement tels que des contributions volontaires des acteurs économiques qui bénéficient directement de l’ harmonisation juridique ; l’ instauration de redevances sur certains actes uniformisés, notamment les actes notariés ; les opportunités offertes par les financements innovants dans le domaine du numérique et de la transition écologique, etc.

Déjà du 4 au 6 mai derniers, le Comité des experts, renforcé de la présence des directeurs de la comptabilité publique des Etats membres de l’ OHADA a examiné les résultats de l’ étude conduite sur le sujet en question afin de soumettre conséquemment à l’ examen des ministres des recommandations appropriées.

Portée sur les fonts baptismaux le 17 octobre 1993 à Port-Louis (Île Maurice), l’ OHADA compte à ce jour 17 pays membres principalement d’Afrique de l’ Ouest et Centrale. L’ organisation qui est basée à Yaoundé (Cameroun) est dotée de cinq organes dont la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, le Conseil des ministres, le Secrétariat permanent, la Cour commune de justice et d’arbitrage et l’ Ecole régionale supérieure de la Magistrature.

La Rédaction

Innovafrica

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