« Liberté d’expression et sécurité du journaliste » au menu d’un atelier d’échanges des juges du Togo et du Bénin

« Liberté d’expression et sécurité du journaliste » au menu d’un atelier d’échanges des juges du Togo et du Bénin

Un atelier d’échanges sur la jurisprudence internationale et Africaine sur la liberté d’expression et la sécurité du journaliste réunit depuis trois jours à Lomé des juges du Togo et du Bénin.

Organisée par l’UNESCO, cette rencontre vise entre autres à renforcer les compétences des juges, des magistrats et des procureurs des tribunaux de fond du Bénin et du Togo en matière de jurisprudence régionale, continentale et internationale sur la liberté d’expression et à promouvoir les bonnes pratiques judiciaires dans le domaine de la liberté d’expression dans les deux pays.

De manière générale, force est de constater qu’à l’ exercice, en dépit de sa centralité pour toute société démocratique, la liberté d’expression reste un droit particulièrement fragile dont la promotion et la protection nécessitent des actions soutenues et continues. Ainsi, dans la région ouest-africaine voire ailleurs, on peut dénoter plusieurs formes d’atteintes à cette liberté. C’est le cas des coupures d’Internet, des blocages d’accès à des plateformes de réseaux sociaux, de la multiplication d’interdiction de manifester, des menaces et attaques contre les journalistes et leurs médias, du recours à des lois alternatives pour limiter l’exercice de la liberté d’expression, etc. C’est au regard de ce contexte que l’UNESCO, guidée par le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’ impunité, est engagée dans la mobilisation de toutes les parties prenantes, y compris les acteurs du judiciaire, en faveur de la protection de la liberté d’expression. Ainsi, dans le prolongement de l’ atelier régional de 2019 pour les juges des cours suprêmes des pays de la CEDEAO et de l’ atelier régional de formation des formateurs pour les juges sur la liberté d’expression qui s’est tenu à Nairobi en décembre 2021, le Bureau régional de l’ UNESCO à Dakar poursuit, au niveau national et multi-pays, ses interventions en faveur du système judiciaire pour consolider la protection de la liberté d’expression. C’est en ce sens qu’en partenariat avec le ministère en charge de la Justice du Togo, le Bureau de l’ UNESCO a envisager l’organisation de cet atelier d’échanges sur la jurisprudence internationale, continentale et régionale en matière de liberté d’expression.

Par ailleurs, compte tenu de l’ apport de plus en plus important de l’ Intelligence artificielle (IA) dans le règlement des questions judiciaires, ledit projet table sur son implication dans les juridictions en vue de l’ amélioration de l’ état de droit dans 32 pays d’Afrique, apprend-on.

Ouvrant les travaux de cet atelier le 29 novembre dernier, le directeur de cabinet du ministère de la Justice et de la législation, Kadanga Tchalim a laissé entendre que la liberté d’expression qui est un droit fondamental conditionne l’exercice d’autres libertés comme la liberté d’opinion, la liberté de grève ou celle de manifester. « Elle octroie à tout individu le droit d’exprimer ses opinions sous la forme écrite, orale et audiovisuelle sans risques d’être sanctionné », a-t-il, indiqué. Soulignant les avancées opérées par le Togo, notamment l’adoption des dispositions légales telles que la loi numéro 2009-029 du 22 décembre 2009 relative à la Haute autorité de l’audiovisuelle ; la loi numéro 2016-006 du 30 mars 2016 portant liberté d’accès à l’ information et à la documentation publique et la loi numéro 2020-001 du 07 janvier 2020 portant code de la presse et de la communication, il a déclaré que le gouvernement accompagne la presse togolaise depuis des années tout en restant à bonne distance : ni trop près, ni trop loin, en soutien.

La Rédaction

Innovafrica

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